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Après plusieurs faits divers, dont l'agression d'une enseignante en Haute-Garonne par un élève, ou la fusillade à l'arme de guerre contre la police à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, les propositions vont bon train et surgissent d'un peu partout. Le maire (UMP) de Nice, Christian Estrosi, s'est attaqué aux bandes en déposant un projet de loi anti-cagoules et réclame des portiques dans les écoles ; le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, a émis l'hypothèse de brigades scolaires... Autant d'interventions mal vécues par la ministre de l'intérieur qui voit son domaine empiété. "On ne peut pas trop saucissonner la police, dit Mme Alliot-Marie. La compétence est ici." "Personne, ajoute-t-elle, ne conteste que les chiffres de la délinquance, en dessous du niveau de 1997, sont bons. Mais ce que je disais, et qui n'était pas toujours entendu, c'est qu'au sein de cette délinquance sont apparues de nouvelles formes de violence." Voilà pour la mise au point.
En attendant de nouvelles idées, réclamées "sans délai" par l'Elysée, comme la prochaine création de brigades de protection de la famille, sur le même modèle que la brigade des
mineurs, la Lopsi donne des moyens supplémentaires à la police pour la période 2009-2013. Des moyens financiers tout d'abord avec une enveloppe de plus de 2,5 milliards d'euros, répartis
crescendo sur les années : 187 millions d'euros en 2009, déjà prévus au budget, 375 en 2010, 483 en 2011, 657 en 2012 et 836 millions en 2013 prévus, notamment, pour compenser, avec l'achat
d'hélicoptères, le retrait de l'armée en Outre-Mer.
Le texte, qui comprend plus de 40 articles et, pour la première fois, des mesures sur la sécurité civile, prévoit aussi un arsenal un peu fourre-tout de nouveaux outils. Il ne devrait pas être
examiné en première lecture à l'Assemblée nationale avant mi-juillet.
Une nouvelle police d'agglomération. Elle verra le jour à Paris, et dans quatre grandes villes, Lille, Lyon, Marseille et Toulouse, et fera passer sous un commandement unifié des départements
limitrophes. Ainsi, Michel Gaudin, préfet de police à Paris étend ses prérogatives et aura autorité
pleine sur la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, et les Hauts-de-Seine.
Création d'une nouvelle incrimination pour usurpation d'identité électronique. Désormais étendu au préjudice moral et non plus seulement aux dommages financiers, ce délit sera désormais
passible d'une peine jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende. Par ailleurs, la contrefaçon sur Internet (hors le champ de la création balayé par Hadopi) sera davantage réprimé.
Création d'une liste noire de sites pédopornographiques. Le ministère de l'intérieur va établir cette liste et la communiquer aux fournisseurs d'accès Internet qui devront, dès lors, bloquer
les sites désignés.
Intrusion informatique. Sur commission rogatoire d'un juge, la police pourra désormais "capter" en temps réel, et à distance, grâce à des logiciels espion, toute information contenue dans un ordinateur ou apparaissant à l'écran. Les saisies de disque dur ne suffisent pas, justifie le ministère, qui voyait une partie des données, enregistrées sur clés USB ou sur des CD-Rom, lui échapper lors des perquisitions. Ces "cyberperquisitions", basées sur le même modèle que les écoutes téléphoniques, seront réservées au terrorisme et à la grande criminalité.
Recueil d'empreintes génétiques facilité. Jusqu'ici, le prélèvement d'ADN nécessitait la présence d'un officier de police judiciaire (OPJ) ou adjoint (APJ), et d'un fonctionnaire de la police
technique et scientifique (PTS). Seul le représentant de la PTS sera désormais nécessaire. Par ailleurs, un fichier sous X... d'empreintes génétiques va être créé, même quand il n'y a pas mort
violente, en réponse à une demande des familles de disparus.
Le renseignement protégé. Agents du renseignement, policiers infiltrés, et certains de leurs informateurs, pourront utiliser une fausse identité et même s'en prévaloir pour témoigner devant les
tribunaux. Révéler leur véritable identité sera un délit passible de 5 à 7 ans d'emprisonnement et de 75 000 à 100 000 euros d'amende (Le Monde du 23 janvier).
La vidéo surveillance déléguée au privé. La conservation des images reste plafonnée à un mois mais une durée minimale sera fixée. Le ministère compte déléguer à des sociétés privées le
visionnage des images sur la voie publique sans, toutefois, donner à ces sous-traitants accès aux cassettes qui entrent dans le cadre de procédures judiciaires.
L'intelligence économique davantage contrôlée. Une procédure d'agrément, différente de la simple déclaration qui existait jusqu'ici, va être instaurée pour l'organisme, les gérants et les
associés. Les policiers, gendarmes et militaires issus des services de renseignement devront respecter un délai de trois ans avant de pouvoir travailler dans une société d'intelligence
économique.
L'interdiction de stade étendue. Pour lutter contre les violences lors des matchs, l'interdiction administrative de stade passe, dès le premier fait grave, de trois mois à six mois (soit la
durée d'une saison) et de six mois à un an en cas de réitération.
Les biens saisis au profit de la police. Les policiers n'auront plus à attendre les jugements pour récupérer, comme c'est le cas depuis 2002, les véhicules et les bateaux saisis lors des
arrestations de trafiquants de drogue. La mise en examen de ces derniers suffira. Pour Mme Alliot-Marie, "le jour où ce sont les policiers qui rouleront en Ferrari, ce sera plus
dur pour les petits caïds".
"Je propose qu'une brigade puisse être mise en place pour venir dissuader, persuader, venir concourir à l'activité de nos personnels", a-t-il expliqué lors de la traditionnelle séance des questions au gouvernement, après avoir lancé l'idée, un peu plus tôt, d'"une sorte de force mobile qui dépendrait du rectorat".
Conscient du tollé politique et syndical soulevé par ses précédentes propositions, en particulier la fouille systématique des élèves, M. Darcos a tenu à apaiser le débat. "Nos chefs
d'établissement et nos conseillers principaux d'éducation ne disposent pas aujourd'hui de l'autorité qui leur permet d'imposer la fouille ou la vérification des sacs de nos élèves. C'est un
paradoxe, mais c'est ainsi", a-t-il souligné.
RÉSERVES DE LA MAJORITÉ
Sur le fond, M. Darcos, qui a dit vouloir favoriser des "solutions simples" au nom de la protection de "l'école de la nation", a cependant réitéré sa proposition consistant à
"vérifier ce qui entre dans nos établissements : portiques, vérifications électroniques, sondages... je ne sais pas". "D'autres pays que nous l'ont fait", a-t-il argué pour faire valoir
son point de vue.
Au sein de la majorité des réserves ont déjà été exprimées à ce sujet, la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, se disant sceptique
quant à l'idée de transformer notamment les recteurs en officiers de police judiciaire pour leur permettre de procéder à des fouilles.
Deux réunions sur les moyens de renforcer la sécurité à l'école se tiendront mercredi et jeudi, respectivement au ministère de l'éducation nationale et à l'Elysée, après l'agression au couteau
d'une enseignante le 15 mai dans un collège de Fenouillet (Haute-Garonne), près de Toulouse. L'opposition, elle, ne s'est pas privée de jeter l'anathème sur le gouvernement, accusé de vouloir
mettre à nouveau en avant, à l'approche des élections européennes, le thème de la sécurité.
Dimanche 10 mai, le ministre de l'immigration, Eric Besson avait signé un texte attribuant à six associations cette assistance juridique, sans attendre l'issue d'un référé en annulation déposée par la Cimade,
l'association qui jusqu'ici assurait seule cette assistance.
Le ministère avait réparti les CRA en huit lots attribués à six associations : la Cimade, l'Ordre de Malte, Forum Réfugiés, France Terre d'Asile, l'Assfam et le Collectif Respect, considéré comme proche de l'UMP. Mais la Cimade, qui intervenait historiquement dans les centres de rétention, dénonce une logique de marchandisation des droits des étrangers. Et estime que cette volonté de "démantèlement" reflète la volonté du ministère de l'immigration de faire taire les critiques des associations sur les conditions de rétention.
La Cimade s'est vu confier trois lots sur huit mais conteste l'ensemble du processus, y compris les régions qui lui ont été attribuées. Plusieurs associations (Gisti, Avocats pour la défense
des droits des étrangers et Syndicat des avocats de France), solidaires de la Cimade contre les cinq lots attribués aux autres organisations, ont par ailleurs annoncé le dépôt d'un recours
distinct.
Un premier appel d'offres avait déjà été annulé en 30 octobre par le tribunal administratif, qui souhaitait notamment une meilleure définition des compétences juridiques des candidats.
La Cimade et les associations qui soutiennent sa démarche (dont Amnesty International et le
Secours Catholique) appellent à des rassemblements le 2 juin, date à laquelle doit s'appliquer
la nouvelle répartition des intervenants dans les centres de rétention.
Le protocole d’accord n’a peut-être pas
convaincu tout le monde, mais les deux principaux syndicats pénitentiaires vont le parapher. «Plus de 68% des 194 établissements pénitentiaires nous ont demandé de parapher le
texte», a déclaré à l'AFP Christophe Marquès, de Force ouvrière-pénitentiaire.
Du côté de l'Ufap, première organisation en nombre de voix, on parle de «plus de 60% des voix» en faveur du projet conclu dans la nuit de mercredi à jeudi, selon le secrétaire général, Jean-François Forget.
«C'est un oui mais il n'est pas massif. Les surveillants espéraient mieux», a-t-il expliqué après les votes en assemblées générales dont le dernier a eu lieu à Fresnes (Val-de-Marne) jeudi soir.
Vers une signature en début de semaine prochaine
L'accord pour une amélioration des conditions de travail dans les prisons surpeuplées pourrait être signé avec la ministre de la Justice Rachida Dati «en début de semaine prochaine», sans doute lundi, selon FO et l’Ufap.
Ce «relevé de conclusions», qu'a rejeté la CGT-pénitentiaire, troisième organisation de la profession, prévoit la création de 174 emplois supplémentaires, qui s'ajoutent à 177 promis dès février.
Ces créations, 60 dès octobre et 114 fin 2010, bénéficieront principalement aux «plus petits» des 194 établissements pénitentiaires, qui obtiendront un quatrième agent pour la surveillance de nuit.
«Il y aura de la vigilance sur l'application» de ce texte, a averti Jean-François Forget. «Nous serons très attentifs au projet de loi de finances 2010», a insisté son homologue de FO selon lequel «il faut savoir sortir la tête haute d'un conflit».
Les surveillants ont suspendu jeudi le blocage des prisons entamé lundi afin de se prononcer sur les propositions de la Chancellerie, qui ont reçu un accueil «mitigé», de l'aveu même des syndicats. reste donc à savoir si, sur le terrain, la signature des syndicats, sera suivi des faits.